Diffusion 21.02.2026

Dans le canton de Berne, une modification des contrats de prestations liant le Canton aux centres d’hébergement d’urgence introduit une restriction majeure : les personnes sans statut légal, dites sans-papiers, seront progressivement exclues de l’accès aux différents sleep-in. Déjà en vigueur en ville de Berne, la mesure sera appliquée à Bienne à la fin de l’année 2027.

Ecoutez l’intégralité de la chronique :

gerberalice
Alice Gerber est membre du collectif biennois « Un toit für Alle », qui se mobilise contre le durcissement des conditions d’accès aux centres d’hébergement d’urgence du canton de Berne.

Constitué à la fin de l’année 2025, suite à l’annonce de l’introduction de cette mesure, le collectif biennois « Un toit für Alle » dénonce une décision à la fois injuste et humainement difficilement applicable. Pour la justifier, le Canton invoque la maîtrise des coûts et des abus. Mais selon le collectif, ces arguments ne reposent sur aucune base chiffrée claire.

sans-abri
Une personne sans-abri n’est pas forcément sans-papiers. Et une personne sans-papiers n’est pas forcément sans-abri. Derrière des statuts administratifs se cachent des réalités humaines différentes.

Face à ce qu’il estime être une remise en cause du principe même de l’aide d’urgence, le collectif « Un toit für Alle » a lancé une pétition, qui a déjà recueilli plus de 11’000 signatures. Pour Alice Gerber, l’une de ses membres, la question dépasse le cadre administratif : « Le principe de base d’une aide d’urgence n’est-elle pas d’aider les humains qui sont dans l’urgence, et ne pas mettre plein de conditions et plein de critères à l’accès à ces aides ? »

sleep-in-bienne
L’entrée en vigueur du durcissement des conditions d’accès aux différents centres d’hébergements d’urgence du canton de Berne est échelonnée. Le sleep-in de Bienne devrait l’introduire à la fin de l’année 2027.
sleep-in-lit
L’hébergement d’urgence se résume à un lit pour une durée limitée et, à Bienne, au prix de 6 francs la nuitée.

Au fond, le débat soulevé pose une question essentielle: l’aide d’urgence doit-elle répondre à un critère humain – la détresse – ou à un critère administratif ? Le collectif espère désormais que le Canton reverra sa position et respectera la Constitution fédérale, qui garantit à toute personne le droit d’obtenir de l’aide en situation de détresse. Il déposera sa pétition contre le durcissement dès règles d’accueil dans les foyers d’urgence du canton de Berne, toujours en ligne, début mars.

Lien vers la pétition